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Katartia

Notre intention

Soigner ce qu'on croyait perdu.

Quand le travail abîme, on soigne les personnes. On les écoute, on les forme à tenir, on leur apprend à souffler. On soigne rarement le travail lui-même, et c'est pourtant lui qui les abîme. Une organisation qui va mal passe presque toujours pour un problème de personnes : celles qui ne suivent pas, celles qui résistent, celles qui s'épuisent. C'est presque toujours un problème d'organisation du travail, et cela, cela se soigne.

Le grec ancien avait un verbe pour ce soin-là, katartizô, et il l'employait pour quatre gestes que rien ne rapproche au premier regard. Dans les quatre cas, on remet en état sans remplacer la pièce : on ne jette pas le filet, on ne coule pas le navire, on ne renvoie personne.

Le mot travail, lui, vient d'un instrument de supplice. Deux mots, deux façons de regarder ce que le travail fait aux personnes.

Un travail mal conçu abîme celles et ceux qui le font, et il faut ensuite les soigner un par un. La psychodynamique du travail le montre depuis les années 1980 : le même travail construit ou use, selon ce que l'organisation permet.

  1. Remailler le filet déchiré
  2. Réduire l'os fracturé
  3. Radouber le navire endommagé
  4. Réconcilier ceux qui ne se parlent plus

Ces quatre gestes ont un second point commun, et c'est celui qui nous occupe : dans les quatre cas, le soin lui-même est simple, c'est de trouver l'endroit qui est difficile. Personne ne soigne à l'aveugle : on examine d'abord, et cet examen fait déjà partie du soin. Un marin remaille une maille en quelques minutes ; ce qui prend la journée, c'est d'étaler cinquante mètres de filet et de trouver laquelle a lâché.

C'est notre métier, et c'est la seule promesse que nous tenons. Nous ne soignons pas votre organisation à votre place : nous vous disons où elle a cédé. Le reste, vos équipes savent presque toujours le faire une fois l'endroit nommé. Ce qu'elles ne savent pas faire seules, et ce que personne ne fait à leur place, c'est établir la position exacte de la cassure.

Deux mains remaillent un filet : le fil neuf, plus clair, entre dans les mailles anciennes et l on voit l endroit exact ou la reparation rejoint ce qui tenait deja.

Ce qui tient un filet

Un filet de sécurité ne sert pas à attraper, il sert à rattraper. Il ne tient pas parce que ses fils sont résistants, il tient parce que chaque maille est nouée à celles qui l'entourent : prise seule, aucune ne retiendrait personne, et c'est le filet entier qui retient celui qui tombe. Dans une organisation, ces noeuds ont des noms peu glorieux : le collègue qu'on appelle parce que la procédure ne prévoyait pas le cas, le quart d'heure donné à l'équipe d'à côté, l'arrangement que personne n'a écrit. Une maille rompue ne se voit pas tant que personne ne tombe dessus, et c'est pour cela que nous allons la chercher avant.

Soigner le travail pour un travail soignant.

Nous ne mesurons pas le moral de vos équipes. Nous mesurons leur travail, avec elles.

Ce qu'aucun mot ne disait

Une organisation peut produire et donner une raison de se lever. Il n'existait pas de mot pour dire les deux ensemble. Karim Benameur a fabriqué celui-là : l'effissens.